Stratégie de la douceur
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«STRATEGIE DE LA DOUCEUR»
Exposition solo du 4 juin au 3 juillet 2026
Vernissage : jeudi 4 juin 2026 à partir de 18h30
Il y a dans le travail de Babayaga Pepperland quelque chose qui résiste à la classification — et c'est précisément ce qui en fait la force. Illustratrice basée à Épinal, formée aux Beaux-Arts de Metz, elle pratique la peinture numérique sur tablette graphique avec une rigueur et une sensibilité qui confondent ceux qui croiraient encore opposer le médium numérique à la profondeur artistique. Vanities Gallery est heureuse de lui consacrer, du 4 juin au 3 juillet 2026, sa première exposition personnelle parisienne.
Des poupées dans un monde qui ne les a pas choisies
Le fil conducteur de l'œuvre de Babayaga Pepperland tient en une métaphore qu'elle formule elle-même avec une clarté désarmante : ses personnages sont des poupées.
Chaque figure féminine qu'elle compose — femmes fortes, femmes perdues, femmes se transformant en animaux — est une poupée placée dans un monde où elle n'a pas eu le choix d'aller.
Ce sentiment de déplacement, d'étrangeté à soi-même, de se sentir spectateur de sa propre vie, traverse l'ensemble des œuvres présentées : «Nouveau Sac», «Elle Pleut», «Princesse», «Le Secret.», «Mon Ami», «Par Terre», «À Travers», «L'Invisible Tout Petit» — autant de scènes suspendues entre douceur et inquiétude, entre conte et fait divers.
Ce que l'artiste nomme elle-même une pratique « presque confessionnelle » n'a pourtant rien de l'épanchement. Tout est maîtrise, couche par couche, silence par silence. La couleur — chaude, sourde, parfois saturée jusqu'à l'alerte — sert de langage émotionnel là où les visages restent souvent voilés, masqués, tournés. Il y a dans cette retenue quelque chose de profondément juste : la vérité n'est pas dite, elle est montrée.
« Je ne suis pas sûre de ce que je suis. Peut-être une poupée que quelqu'un a oubliée de finir. » dixit Sylvia Plath, The Bell Jar, 1963
Cette phrase de Sylvia Plath pourrait servir d'épigraphe à l'ensemble du travail de Babayaga Pepperland. Non par mimétisme littéraire, mais parce que les deux femmes partagent la même conviction : que le féminin non-achevé, non-domestiqué, est une forme de vérité plus haute que n'importe quelle image policée.
La peinture numérique, chez elle, n'est pas un raccourci mais un choix philosophique : elle permet ce travail couche par couche, cette construction lente d'une image qui peut à tout moment être défaite, recommencée, nuancée. C'est une manière, dit-elle, de « mettre de l'ordre dans ses pensées, de transformer ses obsessions en images ». L'œuvre est thérapeutique sans jamais être complaisante.
À Vanities Gallery, cette exposition rassemble une quinzaine d'impressions sur dibond — un support mat, solide, qui amplifie la densité chromatique de ses compositions sans les aplatir. Des grands formats (jusqu'à 110 × 70 cm) aux pièces plus intimistes (20 × 20 cm), le parcours dessine une sorte d'encyclopédie du féminin déplacé, un bestiaire émotionnel où la métamorphose est toujours possible et jamais rassurante.
gratuit
Lieu de l'événement :
17 rue Biscornet
75012 Paris 12e