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Rivières sans retour

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Rivières sans retour

«RIVIERES SANS RETOUR»
Exposition solo du 16 septembre au 1O octobre 2026
Vernissage : mercredi 16 septembre à partir de 18h30

Vanities Gallery présente Rivières sans retour, un ensemble d’huiles de Bernard de Wolff. La Seine, le Yangzi, la mémoire des fleuves d’Amazonie : un peintre néerlandais installé à Paris y accumule la couleur en couches si épaisses qu’elles mettent parfois des années à sécher. Il appelle cela sa « peinture braille ».

UNE PEINTURE QUI SE LIT DE BIAIS
Il faut commencer par ce que l’on voit avant d’avoir rien compris : la matière. Chez Bernard De Wolff, l’huile n’est pas un moyen de figurer, c’est un dépôt. Les couches se superposent, se recouvrent, s’épaississent jusqu’à former un relief qui accroche la lumière rasante et renvoie, selon l’endroit où l’on se tient, deux tableaux différents.

« Oil paint lives, it has an effect that other materials do not have » — la peinture à l’huile est vivante, elle produit un effet qu’aucun autre matériau ne donne. La formule est de l’artiste, et elle est à prendre au pied de la lettre : certaines de ses toiles sèchent encore.

Le nom qu’il donne à cette pratique — « peinture braille » — est plus retors qu’il n’y paraît. Le braille est une écriture que l’on ne lit qu’en la touchant ; un tableau est précisément ce que l’on ne touche pas. De Wolff fabrique donc une écriture tactile réservée au seul regard, et transfère au spectateur la charge du déchiffrement : pour lire, il faut se déplacer, longer l’œuvre, laisser la lumière faire le travail que feraient les doigts. On songe à sa formation — histoire de l’art et archéologie classique à l’université d’Amsterdam —, discipline où l’on apprend que la surface d’un objet est déjà son récit, et que l’usure en dit autant que l’image.

CE QUE LE TITRE ENGAGE
Rivière sans retour est le titre français du film d’Otto Preminger de 1954. L’emprunt n’est pas décoratif : De Wolff range Buñuel, Fellini, Eisenstein, Visconti et Godard parmi ses maîtres, et il construit ses toiles comme des plans, avec un hors-champ.

Mais le titre énonce surtout une loi physique. Un fleuve se définit par l’impossibilité d’y revenir. « L’eau que tu touches dans les fleuves est la dernière de celles qui s’en sont allées et la première de celles qui viennent ; ainsi en est-il du temps présent », notait Léonard de Vinci. L’empâtement de de Wolff obéit à la même règle. Une couche posée ne se retire pas : elle se recouvre. Le tableau s’écrit par alluvions, comme un lit de rivière, et conserve dans son épaisseur la mémoire de tous ses états antérieurs sans qu’aucun soit récupérable. C’est, au sens technique du terme, une peinture sans repentir.

FILIATIONS : AU-DELÀ DE L’ÉTIQUETTE IMPRESSIONNISTE
Guardi (1712-1793) et les impressionnistes sont bien là, encore faut-il dire ce qui leur est pris. De Guardi, de Wolff ne retient pas la veduta, la ville-portrait ; il retient le tocco, cette touche brisée qui réduit les passants à des virgules de matière et confie au ciel plus de travail qu’à l’architecture. De l’impressionnisme, il ne garde pas la clarté mais l’obstination : peindre le même motif jusqu’à ce que le motif cède.

Deux généalogies moins fréquentées éclairent mieux ce travail.
La première est néerlandaise et fluviale. Johan Barthold Jongkind (1819-1891), Hollandais monté à Paris, peignit la Seine et ses quais avant tout le monde ; Monet en fit son « vrai maître ». Jan Voerman (1857-1941), resté à Hattem, passa sa vie à peindre l’IJssel depuis la même fenêtre — un fleuve, mille fois. De Wolff, Néerlandais parisien depuis 2010, occupe exactement ce poste : celui de l’étranger qui enseigne à un pays la lumière de ses propres eaux.

La seconde est celle de la pâte. Il faut nommer ici Eugène Leroy (1910-2000), dont les figures finissent englouties sous la matière au point qu’on ne les trouve qu’en les cherchant, et Leon Kossoff (1926-2019), qui chargeait ses vues de Londres jusqu’à leur donner un poids de maçonnerie. Chez ces trois

gratuit

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Lieu de l'événement :

Vanities Gallery
17 rue Biscornet

75012 Paris 12e

Dates et horaires :

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Organisateur :

Thierry Tessier Repère
Adresse : 17, rue Biscornet, 75012 Paris 12e
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